[Fanstory] Aube a minuit.

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    Asgardium

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    [Fanstory] Aube a minuit.

    Message par Asgardium le Dim 23 Oct - 3:07

    Ayant culminé a son apogée, le soleil darde ses rayons de plombs sur la vaste étendue d’un désert désolé. Au cœur de cette étendue aride, un homme chemine péniblement au travers des dunes et des roches. Epuisé, il trébuche et titube dans le sable et les pierres. Ses pieds, il ne les sens plus, ses jambes raides sembles aussi lourde que du plomb, son cœur bat a lui rompre la poitrine. La douleur et la fatigue semblent émaner du moindre recoin de son être. Le vent lourd de chaleur soulève par rafale des vagues d’un sable d’une finesse extrême. S’infiltrant partout, il lui colle a la peau, faisant de la marche une torture. Un foulard enroulé autour de la tête lui masque le bas du visage dans une tentative de faire barrage aux grains insinueux et abrasifs. Vaine, car sa respiration en est rendue brulante et râpeuse, chaque inspiration trop profonde déclenche une violente quinte de toux foudroyante le faisant chanceler.
    Par chance ses yeux sont protégés du vent irritant par son solide masque, heureux hasard, cette partie de son équipement n’a pas été perdu. Quand au reste… hormis son sac et son casque, tout fut abandonné en cette sinistre nuit, même son arme... Brusquement son pied butte sur une aspérité, incapable de ce rattraper, il chute lourdement au sol. L’impact est brutal et le sol lui blesse douloureusement les mains, même avec ses épais gants de cuir. Tandis qu’il lui semble percevoir au travers de ses genouillères la chaleur brulante du terrain sous lui. Crispé à quatre pattes, ses membres tremblent, tétanisés par la peine et une fatigue sans borne. Il est si exténué qu’il pourrait s’endormir sur le champ, ici et maintenant. Mais il ne doit pas ! Non ! Il lui faut continuer avancer, il doit continuer à aller de l’avant.
    Dans ce désert, dans sa situation s’arrêter c’est mourir, marcher c’est survivre. A quoi bon avoir survécue jusqu'à maintenant si c’est pour abandonner dans ce lieu perdu ? Depuis le milieu de la nuit, des heures durant il a couru et marché, il a fuit pour sa vie. Hors de question de baisser les bras à présent, il doit continuer.
    Cette seule idée fixée dans son esprit il se relève sur des jambes agitées de spasmes. Et c’est par un suprême effort de volonté qu’il reprend son pénible cheminement, faisant fi des voix intérieurs hurlant la douleur et la fatigue d’un corps trop longtemps et trop durement sollicité. Sa bouche sèche et sa langue enflée réclame un peux d’eau pour être apaisée, mais il en a peu, sa gourde étant a moitié vide. Ne sachant exactement à quelle distance se trouve son but, il se force à résister à la tentation.
    Le vent semble forcir, et il est contraint de resserrer un peu plus le foulard sur le bas de son visage et DE mieux ajuster son casque. Ainsi, il continue, sous le regard de plomb de ce soleil impassible haut au dessus de lui.

    L’astre du jour est maintenant bas sur l’horizon lorsqu’enfin l’homme semble toucher au but, sa longue errance dans le désert semble devoir bientôt prendre fin. Depuis quelques heures déjà il a repéré des repères qui lui sont familier. Chaque pas, chaque minute l’en a rapproché et lorsqu’il aura enfin dépassé cette dernière élévation, il pourra se reposer. Car ils seront là, ses collègues, ses camardes. Nuls doutes qu’ils le prendront en charge pour le conduire à l’infirmerie.
    Enfin son épreuve arrive à son terme. Et par bien des coter il songe qu’il aura traversé l’enfer, faisant en un sens honneur au nom de son unité. Plus que cette dernière dune de rocaille et de sable et enfin il y sera. Déjà il lui semble apercevoir dans l’éclat éblouissant du soleil couchant les formes indistinctes des matures, une vigie l’a peut être même déjà repéré. Enhardie par cette pensée, il s’attaque vaillamment a la dune malgré son extrême fatigue. Mais sa progression est lente, pénible et laborieuse autant pour son corps que son esprit. Le sable meuble se dérobe sous ses rangers tandis que les pierres embusquées sous sa surface semblent les accrocher à chaque pas pour le faire trébucher. Est-ce la un coup du sors, l’expression de l’acharnement d’une volonté divine ?
    Qu’importe, à demi en rampant, à demi en marchant il gravit la traitresse pente accidentée, il a la rage au cœur, le désir farouche de s’en sortir. Celui de vivre tout simplement. Serrant les dents il lève un regard fatigué mais brulant de détermination et d’espoir vers la crête illuminé a revers par le crépuscule du jour. Il si près, plus que quelques mètres, une dizaine au plus et les siens le verront et viendront a sa rencontre. Encore un effort, juste une dernière poussée en avant et tu y seras se dit il. Lentement, mètres après mètres il se traine jusqu’au sommet et lorsqu’enfin il l’atteint, les derniers rayons du soleil l’aveuglent de leurs éclats rougeoyant.

    Alors il s’effondre, les genoux plantés dans le sable et les roches. Durant une fraction il semble que son cœur a cessé de battre, que sa respiration s’est arrêtée et que son cerveau a cessé de fonctionner. La chaleur accablante qui l’a mis au supplice durant toute cette journée est soudainement balayée par une effroyable chape glacée qui s’abat sur lui comme un raz de marré. Basculant sur l’avant il prend appui sur ses mains alors que son diaphragme se contracte par brusques saccades incontrôlées. Son regard jusqu’alors brouillé par la fatigue l’est à présent par un flot incontrôlable de larmes salées. Des larmes de rage, des larmes de tristesse, des larmes de désespoir. Et soudain avec une vigueur que l’on eut crut disparut il se rejette en arrière pour laisser exploser un terrible cri. Un hurlement éraillé, long et déchirant a en glacé le sang. L’expression de la détresse la plus profonde qui soit, car devant lui s’étendent les restes de l’unité a laquelle il appartenait.
    La voix brisée, le cœur en sang et ses poumons déchiré il s’effondre à nouveau en avant. De longues minutes durant il reste prostré, incapable de maitriser le flot de douleur qui l’assaille. Comme si toutes les douleurs réprimées des heures durant s’abattaient à présent sur lui pour le mettre au supplice. Les minutes passent, les derniers rayons du soleil disparaissent tandis que les espoirs qu’il avait nourri toute la journée s’évaporent dans l’éther.

    Quand il peut à nouveau se redresser le soleil a complètement disparut derrière la ligne d’horizon, et seul planent ses ultimes lueurs ensanglantés sur la macabre scène qui s’étend à ses pieds. La vision lui est insupportable, pourtant il ne peut en détacher le regard. Au centre de ce qui était autrefois le lit d’un fleuve depuis longtemps asséché se dresse la formidable masse du Bigtray Hades, la base d’opération et le foyer de l’Unité Satan’s Sons. Un foyer n’appartenant plus désormais qu’au passé car ce dernier git a présent ravagé et abandonné par la vie et les hommes. Son épais blindage martelé d’une myriade impactes est déchiré en de nombreux points, ouvrants sur de sinistres et profondes béances. Ses puissantes tourelles éventrées laissent entrevoir leurs entrailles massacrées alors que leurs canons gisent pointés vers le sol, silencieux pour l’éternité. L’immense vaisseau des terres penche sur son flanc tribord ou les jupes du coussin d’air on été arrachées et dispersées par une puissante explosion. La passerelle qui était autrefois le cerveau du navire n’est plus, ne demeure en lieu et place qu’un effroyable entrelacs de métal torturé encore rougeoyant. Quand aux matures qu’il avait cru apercevoir un peux plus tôt, elles pendent misérablement en travers de la coque, complétant l’image de déchéance de l’Hades. Ici et la il subsiste encore quelques maigres foyers de fumeroles noirâtres rapidement emportées et dispersées par le vent, les vestiges insignifiants de l’horreur qui avait consumé le fier navire.

    Mais l’effroyable vision ne se limite pas seulement au bâtiment amiral des Satan’s Sons. Car lorsqu’il peut enfin détourner le regard de l’épave c’est pour embrasser la vue sinistre des restes entourant le Bigtray. Les chars type 61 et les transports type 74 qui constituaient l’unité de protection rapprochée du colosse gisent broyés, éventrés et calcinés sur toute la largeur du lit de l’ancien fleuve. Ce sont plus d’un millier de personne qui servaient au sein de l’unité. Un millier de femmes et d’hommes dont il ne reste plus que les souvenirs car en ce lieu propriété de la mort il n’y a nulle trace de rescapés, rien que des cadavres d’acier et de chair.

    Il n’y a plus devant lui aucun secoure possible, plus aucune aide à espérer, c’est une vérité qui ne lui apparait que trop douloureusement. Pourtant il ne peut s’empêcher de continuer : Qu’importe qu’il soit poussé par le refus de voir la réalité ou poussé par le désespoir qui l’habite à présent. Il se relève et c’est d’un pas plus las que jamais qu’il entreprend de finir le voyage commencé de longues heures auparavant. Et tandis qu’il titube son esprit ne peut cesser de s’interroger : N’est-il en fin de compte qu’un jouet pour la volonté de quelque entité divine ? Existe-t-il une entité qui ne lui a permit de survivre au carnage de la nuit précédente que pour qu’il meure ici et maintenant ? Est-ce là, la sinistre expression de la cruelle ironie d’un univers devenue dément ? Des questions sans réponses qui pourtant ne cessent de tourner en boucle dans son esprit. Tant et si bien qu’il lui est impossible de réagir lorsque le sable traitre se dérobe une fois encore sous ses pieds.
    Chutant, roulant et glissant il tombe dans la pente sans le moindre contrôle, sans aucune possibilité de s’arrêter. Le sable s’engouffre par grands paquets chauds dans ses vêtements déchirés, son casque donne violemment en tous sens, son masque lui est arraché, et le monde tourne follement devant ses yeux noyés de sables. Vidés de leur air par les chocs à répétitions, ses poumons déjà au supplice se contractent violemment à chaque cahot lui causant d’immenses douleurs auxquelles il ne peut rien. Ainsi il dévale l’élévation qu’il a tant peiné à gravir et lorsqu’il s’immobilise enfin au bas de la pente il est à demis noyé par le sable, incapable du moindre mouvement.

    Combien de temps demeura t’il ainsi étendu sur le dos, cherchant à s’affranchir de la suffocation, il l’ignore. Mais lorsqu’enfin il recouvre assez de lucidité et de force pour tenter de ce mettre debout, la nuit a déjà commencé à recouvrir de son voile sombre l’étendue désertique. Le vent si fort qui lui avait sifflé aux oreilles toute la journée n’est qu’une petite brise dans la vallée désolée, un bruissement léger à l’oreille. Pourtant une part de lui-même eut souhaitée qu’il continue à siffler puissamment et de manière continue. Car à présent le sifflement assourdissant est remplacé par les plaintes déchirantes des grincements du métal torturé. La mort a marquée de son sceau ce lieu, et c’est au milieu de ses ombres qu’il titube. Ses pas mal assurés le mènent bientôt prés de la carcasse d’un fier Roi des terres sauvagement mutilé. L’impressionnante machine de guerre repose sur son flanc, sa caisse éventré et sa tourelle délogée de son puits. Quelques flammes crépitent encore en s’échappant par l’écoutille ouverte de l’imposante tourelle double affut, et sur le rebord de l’écoutille carbonisée, une main noir de suie est crispée.

    Il passe à coté et s’éloigne aussi vite qu’il lui est possible, fuyant son horreur, son odeur et le présage qu’elle lui annonce. Mais il sent qu’il ne pourra bientôt plus aller très loin. Encore quelques dizaines de mètres, une centaine au plus… Mais qu’importe, il s’était fixé pour but de rallier l’Hades, il y est presque maintenant, encore un peux…. C’est Ainsi, plongé dans un état second qu’il achève enfin sa longue et pénible épreuve, et s’affale au pied de la titanesque épave du Bigtray. C’est à peine si il peut se débarrasser de son sac tant il est vidé de toute énergie. Mais soulagé de sa masse il peu se laisser aller et s’adosser de tout son soul contre le métal froid et profiter des toutes premières minutes de répit dont il peut jouir depuis de très longues heures. Son casque négligemment posé de coté, son foulard en lambeau dénoué, il peut respirer librement et calmer l’irritation de ses poumons douloureux. Usant des derniers centilitres d’eau de sa gourde, il étanche en partie sa soif et laisse le bidon vide choir au sol, de toute façon il est peux probable qu’il en ait encore jamais besoins… Seul et isoler dans cet endroit mort, il sait que ces chances de survie sont inexistantes car personne ne viendra a son secoure.
    Nulle ne viendra car peu connaissent l’existence des Satan’s Sons, et moins nombreux encore sont ceux qui savent qu’ils étaient ici. Au milieu de la confusion et du chaos de cette guerre, c’est ici que semble devoir s’achever l’histoire de cette force n’ayant jamais eut d’existence officiel. Pour autant, lui le dernier des Satan’s Sons, il n’en conçoit pas d’amertume, pas de rancœur ni de regrets. Cela peut sembler étrange, impossible ç concevoir même. Pourtant il lui semble que c’est là, la seule fin que pouvait connaitre l’unité. C’est en grand secret que l’unité spéciale six cent soixante six avait vu le jour. C’est dans le même secret qu’elle avait opéré plus d’une décennie durant. Et c’est encore dans le secret qu’elle allait disparaitre, pour n’être plus qu’un fantôme de l’histoire. Une rumeur incertaine a demi murmurée par les hommes de la fédération.
    Et cet instant qui lui semble être le soir de sa vie il songe que cela n’est peut être pas une mauvaise chose. Car en ce temps où la folie humaine atteint son paroxysme, peut être faut-il voir d’un bon œil qu’une telle force disparaisse. Sans cela jusqu’ou serait on aller ? Jusqu'à quel seuil extrême se serait on risqué pour reprendre l’avantage ? Au delà du point de non retour ? Probablement…. L’opération British l’a prouvé…. Les hommes étaient prés à tout pour imposer leur idéologie, maintenir leur emprise du pouvoir et défaire leurs ennemis. Dans ce contexte de guerre aussi total qu’absolue qu’aurait il pu advenir avec une unité autoriser à déchainer librement le feu nucléaire sur le champ de bataille ?

    Car la était bien le domaine d’action de l’unité spéciale six cent soixante six, Satan’s Sons. La force top secret sous contrôle exclusif du haut commandement de la fédération. La seule unité ayant jamais été autorisée à employer des armements spéciaux sur le théâtre d’opération a sa propre discrétion. A l’origine il s’agissait de régler secrètement et de façon définitive le problème des velléités rebelles de certaines factions terriennes. Des années durant, bien avant la révolte du Duché, les fils du diable avaient usé d’armes chimiques, biologiques et à deux reprises d’armes nucléaires tactiques pour faire taire les voix s’élevant contre la fédération. En une époque de grand bouleversements, la fédération avait jugée avoir besoin d’individus pouvant remplir la fonction de tueurs de l’ombre. Car c’est bien ce qu’ils étaient, indépendamment de leur statu militaire. Lui même avait déclenché le tir d’une de ces horreur sans nom et avait sur ses mains bien plus de sang que certains soldat ne pourront jamais en avoir. Pour cela il se savait maudit, pour cela il savait que seul l’enfer l’attendrait au bout du voyage. Il l’avait toujours su, et n’avait jamais rien fait pour l’éviter, ainsi devait il en être car il était parfois des choses détestables qui devaient malgré tout être faites. Et cela pour le salut d’un plus grand nombre. Une logique qu’il s’était toujours répété, durant toutes ces années il avait vécu en suivant cette ligne de pensée, il avait authentiquement cru en elle. Mais aujourd’hui, alors qu’il vient de traverser le vestibule des enfers et qu’il s’apprête à y entrer pour de bon, il se rend compte combien il s’est fourvoyé. La fin justifiant les moyens… Cela lui avait toujours semblé si évident, si naturel…. Mais a présent il se rend compte que c’était cette logique en fin de compte absurde qui avait mené à cette guerre, à l’opération British et a l’anéantissement de la moitié de l’humanité en seulement moins d’un an. Et demain jusqu’ou cela mènerait il ? Il ne le savait guère, cela était au delà de sa capacité de vision. A présent il n’était plus qu’un vieux soldat brisé, qui avait finalement perdue fois en son idéal et qui ruminait ses pensé a la veille du jugement. Mais même si il ne savait ce qu’il adviendrait par la suite son instinct lui soufflait que le pire était peu être encore à venir.

    Renversant la tête en arrière il se mit à contempler les étoiles qui se faisaient de plus en plus lumineuses au dessus de lui. Le ciel était clair et paisible, c’était d’ailleurs une chose étrange a voir lorsque l’on savait ce qu’il s’y passait vraiment. Il se souvint qu’autrefois, lorsqu’il était jeune, des dizaines d’années plus tôt, il les avait souvent regardées avec émerveillement. Des heures durant il les avaient contemplés, étendus dans les champs de blé de la ferme de ses parents, l’esprit dérivant parmi elles. En ces temps d’innocence il regorgeait d’espoir quand au futur. Pas seulement pour lui-même, mais aussi pour tous les autres. Pour lui ces étoiles brillantes symbolisaient la myriade de possibilités s’offrant à l’humanité, il en avait tant rêvé en ce temps….. Mais aujourd’hui il les rêves étaient morts et lorsqu’il levait les yeux il n’y voyait plus la magie de son enfance, mais les lumières féroces de sa réalité. Les feux brulants d’un champ de bataille aux dimensions infinies.
    C’était du plus profond de cet endroit qu’ils étaient venues, de cette immensité sans frontières qu’ils étaient descendu sur terre pour y déchainer l’horreur. Et c’est pour tenter des les stopper que les Satan’s Sons avaient étés déployés. Par ce que le rouleau compresseur du duché de Zéon avait tout écrasé sur son passage, le haut commandement de la fédération était aux abois. Après la chute de la Colonie sur Sydney et face a la défaite inéluctable qui s’annonçait, il avait cédé a la tentation de mettre en œuvre son ultime carte, celle des Satan’s Sons. Le duché de Zéon préparait une grande offensive dans cette région et les force fédérés qui devaient absorber l’assaut encouraient l’anéantissement pur et simple. Pour empêcher la défaite une ogive devait être tirée depuis un point situé sur le flanc du dispositif ennemi : Un petit creux abrité, une position de tir toute désignée. Et parce qu’il était l’officier d’artillerie le plus expérimenté, c’était son équipe de pièce et lui-même qui avait été désignés pour effectuer le tir. Un seul obus pour des centaines, sinon même des milliers de vies alliées épargnées. Il ne s’était alors posé aucune question.

    Parce qu’il fallait être discret et rapide, c’est une équipe réduite qui s’était dirigée vers le point de tir prévu, laissant en arrière le reste des Satan’s Sons. Un seul affut automoteur, deux véhicules de support et deux MA61 d’escorte pour un total de vingt soldats déployés. Une poignée d’individus ayant la possibilité de décider du sort de millier d’autres, un pouvoir a la fois terrifiant et grisant. Ce fut de nuit, sans lumières et sans un échange radio que le détachement avait couvert la petite quinzaine de kilomètres qui séparait l’Hades de la position de tir choisie. Toute la journée durant ils avaient patienté, attendant que le moment propice se présente enfin pour qu’ils puissent délivrer le Tir qui allait changer le coure de la bataille avant même qu’elle n’ait débutée. En songe il revoyait ses ultimes instants de confiance et de sérénité. La pièce était en batterie, les servants prés, les chars d’escorte positionnés pour couvrir le site et la charge attendait d’être assemblée. Il s’agissait de la dernière opération à exécuter avant que ne soit effectué le chargement de la pièce, et elle relevait de sa responsabilité en sa qualité de commandant. Les armes nucléaires des Satan’s Sons était toujours transportées ainsi, l’étage primaire désassemblé de la charge principale. Une précaution pour éviter le déclenchement accidentel de charges complètes, l’assemblage final n’étant opérée qu’à la dernière minute.

    Et c'est alors qu’ils avaient surgis, venant de nulle part ils étaient apparut sur le sommet de la crête la plus a l’est : Quatre gigantesques géant cyclopéens se tenaient là, surplombant de toute leur hauteur la position de tir et les soldats paralysés de la fédération. L’espace d’un battement de cœur le silence, puis soudain l’explosion, le déchainement de fureur brute. De longues langues de feux avaient jaillit des armes des Zakus, de lourdes douilles de cent vingt mini mètres s’étaient envolées et une pluie d’acier s’étaient abattue sur le désert. De hautes gerbes de sable et de roche jaillirent, brutalement ponctuée par de puissantes explosions et d’importantes colonnes de flammes issues des véhicules touchés. Les M61 furent le premiers à être emportés par la tourmente, puis vint les transports et enfin le canon. Et lorsque la pièce fut détruite ce fut au tour des servants survivants. Les colosses d’acier ne prirent même pas la peine de venir jusqu'à eux, se contentant de mitrailler la zone de leurs mitrailleuses d’avant bras, traquant chaque homme l’un après l’autre jusqu'à ce qu’il ne reste plus rien d’autre que des cadavres difformes. L’un des regards cyclopéen rouge s’était alors braqué sur lui, et il lui semblait l’avoir vu étinceler lorsque le Mobile Suit pointa son armes sur lui et alors….

    Il se réveilla brusquement, la respiration rapide, le cœur battant follement et le corps moite de transpiration. La nuit était froide, glacé même, pourtant il était en eau et il fallut plusieurs minutes pour qu’enfin il recouvre son calme. Visiblement il s’était assoupit sans s’en rendre compte, mais en fait de repos il s’était seulement retrouvé à nouveau précipité dans cette nuit d’horreur. Revivre cette scène, ressentir une nouvelle fois cette terreur indicible lui mit un coup au cœur. Car a ce moment il avait vu la mort, aussi nettement qu’il voyait ce qui l’entourait a présent. Elle lui avait sourit, il en était persuadé, et en une fraction de seconde il avait su que tout était terminé. Mais elle ne l’avait pas pris cette nuit là, car il avait échappé aux balles meurtrières. Comment, par quel miracle ? Il ne le savait pas, il était incapable de se l’expliquer, cela n’aurait pas du être le cas. Pourtant quand les Zaku étaient repartis il se tenait à genoux dans le sable, vivant au milieu des morts.
    Ses images terribles étaient gravées dans sa mémoire, et il lui fallait faire un gros effort pour les écarter de sa conscience. Il se passa la main sur le visage, sa peau était rendue rêche par sa barbe de plusieurs jour et l’air desséché du désert. Un regard vers le ciel lui apprit que la nuit était déjà bien avancée, et qu’il avait vraisemblablement dormis plusieurs heures d’affilées. Pour autant il ne se sentait pas plus ragaillardie que cela, l’effort du jour précédent n’était encore que trop perceptible. Il essaya de bouger ses jambes, mais c’est à peine si ses muscles consentirent à tressaillir légèrement tant ils étaient ankylosées. Au moins le haut de son torse répondait il correctement aux ordres de son cerveau. Non pas qu’il eut l’intention de faire quoi que ce soit. D’ailleurs qu’aurait il bien pu faire ? Récupérer lui prendrait du temps, mais d’ici la le froid, la chaleur et la déshydratation aurait eu raison de lui. Alors a quoi bon se demanda t’il. Tout ce qu’il pouvait faire à présent c’était attendre, attendre qu’elle vienne et le prenne pour de bon cette fois.

    A moins bien sure qu’il ne soit disposé à aller a sa rencontre. C’était possible, c’était même très simple en vérité pensa-t-il en posant son regard sur le sac qu’il avait transporté durant toute sa fuite. Quelques chiffres, une pression sur un interrupteur et il y serait. Et quelle entrée spectaculaire et fracassante se serait songea t’il. Cette idée provoqua chez lui un aussi soudain que brutal accès de rire : Ce serait assurément très adapté pour un Satan’s Sons, et de longues minutes durant il ne pu contenir cette hilarité née des errements de sa conscience. C’était trop, il avait traversé trop d’épreuve, vu et commit trop d’horreurs et maintenant il sentait qu’il perdait pied. Et tandis qu’une par de lui-même flirtait avec le délire, une autre par envisageait la chose plus calment : Peut être était ce la en fin de compte son châtiment pour avoir fait partie de cette unité maudite, et pour avoir authentiquement cru en la justesse de ses actions. Assurément, la vérité ne devait pas être si éloignée que ça de cette idée. La grande faucheuse l’avait épargnée jusque là, mais seulement pour qu’il endure ce tourment intérieur avant d’aller enfin prendre sa place en Enfer. Mais quand bien même cette conclusion s’imposait à son esprit il n’arrivait pas à en ressentir la moindre colère. Et lorsqu’ enfin son rire se tu, il avait la voix brisée et les cotes douloureuse et en même temps, de façon très paradoxale, c’était comme si il se sentait affranchit d’un immense poids. La sensation était inexplicable pourtant il le sentait très nettement, il était comme apaisé. Parce qu’il avait finalement complètement accepté son destin et les agissements de sa vie ? Peut être….

    La lune apparut peux de temps après au dessus des collines avoisinantes, nettement visible elle rayonnait de son éclat argenté et illuminait le paysage alentour. La lueur spectrale créait sur le sol un jeu d’ombres et de lumières qui prenait une dimension quasi mystique en cet instant. Et tandis qu’il l’observait d’un œil neutre il lui sembla soudain percevoir une infime vibration dans le sol. Au loin un loup du désert hurla a la mort et la vibration se répéta a nouveau, puis encore et encore. Un rythme lent, pesant, une cadence typique. Se redressant un peux plus il écouta autant que cela lui était possible, la brume qui avait lentement obscurcit ses pensées et son esprit sembla se dissiper comme sous l’effet d’une brise. Bientôt les frémissements du sol devinrent des vibrations plus marquées tandis qu’un bruit de basse commença à se faire entendre dans les collines. Son pouls s’accélérera au rythme des percutions sourdes tandis que sa respiration se faisait aussi plus rapide de secondes en secondes. Le froid pénétrant qui l’engourdissait lentement fut chassé de son sang alors que ce dernier se réchauffait des feux de la colère. Toute son attention était focalisée sur ce qui approchait, il connaissait ce qui venait, il savait ce qui allait bientôt apparaitre au sommet des crêtes toutes proche. Ses jambes refusaient toujours de faire le moindre mouvement, l’empêchant de se dresser et de ce précipité a la rencontre de ce qui venait. Si cela lui avait été possible, il l’aurait très certainement fait, inconsidérément de ce qu’il avait pensé et éprouvé durant ces dernières heures de repos. La, maintenant, il bouillait comme jamais. Toute trace de résignation et de paix intérieur avaient brusquement disparut, ne restait plus que le seul désir de vengeance ; Un désir brulant rendu plus ardent encore par son incapacité a ne rien faire d’autre que d’attendre qu’ils approchent.
    A les entendre, ils devaient être au moins une demis douzaine, peut être même une dizaine. La cadence des vibrations et des martellements était à présent ininterrompue. Tandis que des gémissements étaient maintenant audibles en sus. Qui conque les avait un jour entendu, ne pouvait plus jamais les oublier, ces sons étaient les préludes au massacre, une ode a la guerre. Finalement ils apparurent, venant de l’est et marchant droit vers lui. Progressivement leurs silhouettes se dessinèrent peu à peu sous l’éclat blafard de la lune, qui les révélait dans toutes leurs horreurs. Ils étaient huit en fin de compte. Huit immenses et terrifiants MS06J Zaku II. Leurs optiques brillants d’un rouge de sang balayaient continuellement le paysage, traquant le moindre danger. Chacun de leurs pas faisait vibrer le sol et soulevait de grandes volutes de poussières et de roche brisée. Telles les incarnations de quelques sinistres déités, ils avançaient sur cette terre sans manifester la moindre crainte, confiant en leur inégalable capacité à dispenser mort et terreur.

    Que venaient-ils faire ici, pourquoi étaient il là ? Les tueurs revenaient ils sur les lieux du crime pour en garder quelques souvenirs ? Soudain quelque chose brilla furtivement au pied des géants. Plissant les yeux il crut entrapercevoir des formes trapues se mouvoir, d’autres véhicules, des camions peut être. Mais pourquoi ? Durant un instant cette question prit le pas sur sa colère et il se demanda sincèrement ce que venaient faire ces Zéons ici. Mais rapidement la considération devint annexe, car il était là, affalé dans l’ombre du Bigtray et incapable de rien faire tandis que l’ennemi venait troubler le dernier lieu de repos de ses camarades. Et tout ce qu’il pouvait faire c’était regarder sans agir.

    -Vraiment ?

    Il sursauta brusquement. Qui venait de parler, qui avait dit ‘’Vraiment’’ ? Cela n’avait été qu’un murmure, comme un souffle fugace, mais il était certain d’avoir entendu parler, une voix aux accents féminins Regardant autour de lui il chercha attentivement celle qui avait parlée, mais il n’y avait rien que les épaves et le désert.
    Un mouvement attira son attention. Les Zéons étaient entrés dans le lit de l’ancien fleuve et commençaient à avancer au cœur de la désolation. Il y avait bien des camions avec eux, quatre, ils les voyaient nettement à présent, illuminés qu’ils étaient par la clarté de la lune. Des transports de troupe peut être. Alors que le convoi s’avançait deux s’arrêtèrent tout à coté de plusieurs épaves tandis que les deux restants continuaient vers l’Hades. Les Mobiles Suit, se dispersèrent au travers de la zone, toutefois l’un d’entre eux accompagna les camions qui venaient vers le Bigtray. Ils étaient maintenant plus proches de lui que jamais, et la soif de vengeance le brulait comme si de l’acide parcourait les veines de son corps. Mais il était impuissant, incapable de rien y faire

    -En es tu sur ?

    Le regard écarquillé, il se crispe brusquement. Cette fois il l’a distinctement entendu, un souffle glacé et envoutant au ras de son oreille. Un frisson d’effroi lui remonte l’échine tandis qu’il tourne lentement la tête sur sa droite. Un court instant une apparence fantomatique semble flotter tout a son coté. Mais à peine a-t-il le temps d’ouvrir la bouche quelle semble c’être dissipée dans le vent. Est-il devenu fou en fin de compte, est-il déjà la proie des hallucinations auditives et visuelles ? Et puis soudain cela n’a plus d’importance, car la juste à sa droite, a seulement quelques centimètre de sa main, son sac. Le regard fixé dessus il prend une grande inspiration. Non il n’est pas impuissant, il y a encore une chose qu’il peut faire. La main tremblante, la respiration rapide il se saisit du sac et le tire rapidement sur ses genoux. Fébrilement il dégage le rabat et en sort le contenue : Un cylindre d’une quarantaine de centimètre de long et d’une vingtaine de diamètres entièrement peint en rouge. Au trois quart de sa longueur trois verrouillages retiennent le dernier quart. D’un geste il défaite les trois verrous et dégage le couvercle de l’étui en acier. A l’intérieur un deuxième cylindre plus petit et aux extrémités arrondi se trouve solidement maintenue en place par des cales. Aussi doucement que cela lui est possible dans sont état d’excitation mêlé de peur il extrait le cylindre jaune de son étui et le pose sur ses genoux.
    Sans savoir pourquoi, après l’attaque de sa batterie, il l’avait ramassée et l’avait mise dans un sac avant d’entreprendre son voyage de retour. Était ce le hasard qui l’avais fait agir ainsi, quelque chose d’autre l’y avait il poussé ? Alors qu’il avait abandonné derrière lui une bonne part de son équipement, jusqu’à son propre fusil, il avait prit le temps de la ramasser et de l’emporter avec lui. Pourquoi, il ne le saurait jamais. Mais à cet instant cela lui fournissait le moyen d’assouvir sa vengeance, et c’était la seule chose qui comptait pour lui. Presque amoureusement il fit coulisser le clapet de protection du dispositif d’armement de la charge. Ce n’était que l’étage primaire de l’ogive nucléaire qui devait être tirée par son équipe, sa puissance était donc réduite, mais elle suffirait amplement.

    Et puis soudainement une secousse fit trembler le sol, le Zaku venait de s’arrêter à tout juste une trentaine de mètres de lui et balayait la zone de son imposant fusil. A cette distance il pouvait en distinguer les moindres détails, la moindre éraflure sur le blindage était visible. Il pouvait aussi entendre le souffle de ses compresseurs et le bourdonnement de son générateur. Tel un monstre doué de vie l’énorme Mobile Suit l’écrasait et le dominait de toute sa hauteur, a ses yeux cette machine était l’incarnation de toutes les horreurs passées et a venir. Aussi c’est d’un doigt rendu tremblant par la rage et la vengeance qu’il entre l’un après l’autre les chiffres de la séquence d’armement, et qu’il place le sélecteur de retard au déclenchement à zéro.

    La tête du Zaku pivote alors vers lui tandis que son œil se fixe sur sa personne. Un œil rougeoyant des feux de la guerre et de la haine, en son sein l’officier des Satan’s Sons arrive presque à percevoir son propre reflet. Durant un instant le temps semble suspendre son court, quelques interminable secondes pendant lesquelles s’expriment silencieusement tous les sentiments engendrés par cette effroyable guerre. Puis le Zaku pointe sur lui sont fusil et lui abat sont doigt. Que l’enfer se déchaine….

    Le désert par une froide nuit de pleine lune, un lieu désolé et isolé de tout. Soudain un éclair, une lueur puissant, et une nuit qui devient jour. Tandis que s’étend brièvement cette aube de minuit, haut dans les cieux, au dessus de tout. Une silhouette gracile flotte, un sourire triste éclaire son visage, tandis que monte vers elle les âmes de ceux qui ne sont plus.





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    Re: [Fanstory] Aube a minuit.

    Message par Asgardium le Mer 26 Oct - 20:39

    Je reviens sur ce texte, pour signaler, que tout commentaire, avis et critique sera bienvenue. Les retours lecteurs sont importants quand on écrit (ou qu'on essaye du moins ><)

    Comme vous avez pu le voir c'est un texte qui ne respire pas la joie, j'en conviens. En même temps, vu le contexte ce n'est guère étonnant n'est ce pas ? D'ailleurs je suis sur que les lecteurs avertis auront notés l'inspiration très MS igloo dans le concept ^^
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    Re: [Fanstory] Aube a minuit.

    Message par Grevious le Jeu 24 Nov - 0:37

    Vraiment pas mal, et oui, ça fait très MS IGLOO, voir un peu The8ThMSTeam.


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    Re: [Fanstory] Aube a minuit.

    Message par Asgardium le Ven 25 Nov - 16:50

    Merci a toi Grevious pour ton avis, je savais bien que quelqu’un finirait par lire le pavé ^^.
    As tu noté quelque choses qui t'as fait tiquer, syntaxe, rythme, légèreté descriptive ?
    Je demande dans un but d'amélioration de textes futures, histoire d'affiner le style. C'est ce que je recherche en retour lecteur ^^

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    Re: [Fanstory] Aube a minuit.

    Message par Contenu sponsorisé


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